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Installer un récupérateur d'eau de pluie soi-même

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Installer un récupérateur d'eau de pluie soi-même

Installer un récupérateur d’eau de pluie tient en quatre gestes : choisir un emplacement stable le long d’une descente de gouttière, poser la cuve sur une assise plane et surélevée, percer la descente pour y insérer un collecteur filtrant, puis raccorder le trop-plein. Comptez une demi-journée pour un modèle aérien.

Ce que la réglementation autorise depuis septembre 2024

Le cadre a changé récemment, et beaucoup de guides en ligne citent encore un texte disparu. L’arrêté du 21 août 2008, longtemps la référence, a été abrogé le 1er septembre 2024. Depuis cette date, la récupération domestique relève du décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 et de l’arrêté du même jour, publiés au Journal officiel, qui encadrent les eaux impropres à la consommation humaine.

À l’extérieur, la liberté reste totale. Arroser le potager, laver une terrasse, remplir un bassin ou nettoyer un véhicule ne demande aucune autorisation. À l’intérieur, la liste est fermée : alimentation des toilettes, lavage des sols, et lavage du linge sous condition d’un dispositif de traitement adapté déclaré par son fournisseur au ministère chargé de la santé. Boisson, cuisine, vaisselle et hygiène corporelle restent proscrits, sans exception.

Deux obligations accompagnent tout usage intérieur. La première : aucune liaison, même provisoire, entre le réseau d’eau de pluie et celui de l’eau potable, et une signalisation « eau non potable » sur chaque point de puisage. La seconde : la déclaration en mairie prévue à l’article R2224-19-4 du code général des collectivités territoriales, dès lors que les rejets rejoignent le réseau d’assainissement collectif.

Une cuve aérienne dédiée au jardin échappe donc à toute formalité. C’est le scénario traité en détail plus bas, celui que la majorité des jardiniers installent.

Calculer le volume avant de choisir la cuve

Deux calculs différents se cachent derrière la question du volume, et les confondre mène droit à l’achat surdimensionné.

Le premier estime ce que la toiture peut collecter sur une année :

  • surface de toiture projetée au sol, en mètres carrés, jamais la surface en pente ;
  • pluviométrie annuelle locale en millimètres, que Météo-France publie sous forme de normales par station ;
  • coefficient de récupération, de 0,8 à 0,9 pour une couverture en tuiles lisses, qui absorbe les pertes par évaporation, débordement et filtration.

Un pan de 60 mètres carrés sous 800 millimètres de pluie annuelle donne 60 × 800 × 0,9, soit 43 200 litres par an. Le chiffre impressionne, mais il ne dit rien de la taille du réservoir.

Le second calcul, celui qui compte, porte sur l’autonomie entre deux pluies. Un potager de vingt mètres carrés en juillet consomme quelques dizaines de litres par jour. Une cuve de 300 à 500 litres couvre un balcon, quelques bacs et un petit carré ; 1 000 litres tiennent un jardin d’agrément avec haie et massifs. Au delà, la cuve enterrée devient plus pertinente que l’empilement de fûts.

L’ordre de grandeur mérite d’être rappelé : l’Observatoire national des services publics d’eau et d’assainissement, dans ses données 2023, situe la consommation domestique moyenne autour de 53 mètres cubes par habitant et par an. L’arrosage extérieur ne représente qu’une part de ce total, mais c’est justement la part la plus concentrée sur trois mois d’été.

Cuve aérienne verte de mille litres installée le long d’un mur de maison près d’une descente de gouttière

Le matériel à réunir

La pose d’un modèle aérien mobilise un outillage de base, celui que décrit notre inventaire des outils indispensables de la boîte à outils :

  • une scie cloche du diamètre indiqué par le collecteur, montée sur perceuse ;
  • un niveau à bulle de 60 centimètres au minimum ;
  • un mètre, un crayon gras et une scie à métaux pour recouper la descente ;
  • des parpaings pleins ou une dalle béton préfabriquée pour l’assise ;
  • du sable ou du mortier maigre pour caler l’assise de niveau.

Le collecteur filtrant se choisit avant tout selon le diamètre de la descente, généralement 80 ou 100 millimètres en PVC, parfois 80 en zinc. Un modèle à tamis intégré retient feuilles, mousses et graviers de toiture, ce qui évite de transformer le fond de la cuve en dépôt organique.

Installer un récupérateur d’eau de pluie aérien, étape par étape

Préparer l’assise

Tout se joue ici. Une cuve de 500 litres pèse plus de 500 kilos une fois pleine, et le moindre défaut d’aplomb se traduit par une déformation du réservoir, puis par un basculement.

Dégagez le sol sur une surface légèrement supérieure à la base de la cuve. Compactez, versez un lit de sable de quelques centimètres, posez la dalle ou les parpaings et réglez le niveau dans les deux sens avec la règle et le niveau à bulle. Vérifiez une seconde fois après avoir marché autour : un support qui bouge sous le pied bougera sous la charge.

Prévoyez 20 à 40 centimètres de hauteur pour glisser un arrosoir sous le robinet. Cette élévation crée aussi la pression de gravité minimale nécessaire à un tuyau d’arrosage.

Percer la descente et poser le collecteur

Positionnez la cuve à sa place définitive, puis reportez sur la descente une marque située quelques centimètres sous le niveau maximal souhaité dans le réservoir. Ce repère détermine le remplissage : l’eau ne montera jamais plus haut que le collecteur.

Percez à la scie cloche, à vitesse lente, en tenant fermement la perceuse à deux mains. Ébavurez le tour du trou. Selon les modèles, le collecteur s’insère dans le trou existant ou impose de recouper la descente et de réassembler les deux tronçons de part et d’autre du boîtier.

Raccordez ensuite le flexible fourni entre le collecteur et l’entrée haute de la cuve. Ce flexible descend en pente régulière, sans point bas où l’eau stagnerait.

Vérifier avant la première pluie

Un seau d’eau versé dans la gouttière suffit à contrôler l’ensemble. Observez trois choses : l’eau arrive bien dans la cuve, aucune goutte ne perle au niveau du perçage, le flexible ne se pince pas. Un raccord qui suinte se rattrape à ce stade en quelques minutes ; sous une pluie d’automne, il ruisselle le long du mur pendant des semaines. Cette logique de contrôle rejoint celle appliquée à toute étanchéité domestique, comme sur un robinet qui goutte.

Reste le couvercle. Il doit fermer complètement, pour deux raisons cumulées : la lumière déclenche le développement des algues, et une ouverture libre offre aux moustiques un gîte de ponte idéal. Une moustiquaire fine sur l’entrée règle le second point sur les cuves ouvertes.

Perçage d’une descente de gouttière en PVC à la scie cloche pour insérer un collecteur filtrant

Ce que change une cuve enterrée

Le principe reste identique, la mise en œuvre appartient à une autre catégorie de chantier. Le terrassement représente à lui seul l’essentiel du travail : une fosse plus large que la cuve, un fond dressé et compacté, un lit de sable ou de gravillons, puis un remblai monté par couches successives arrosées et damées, en même temps que le remplissage progressif de la cuve en eau pour équilibrer les pressions.

Trois points techniques distinguent l’enterré de l’aérien :

  • la nappe phréatique, qui peut faire remonter une cuve vide comme un flotteur, et impose parfois une dalle d’ancrage ;
  • le passage éventuel de véhicules, qui exige un modèle certifié carrossable, jamais un modèle standard ;
  • le trop-plein siphonné, raccordé au réseau d’eaux pluviales ou dirigé vers une zone d’infiltration située à bonne distance des fondations.

L’eau ne coule plus par gravité : une pompe immergée ou une pompe de surface prend le relais. Le raccordement électrique de cette pompe obéit aux règles de protection des circuits extérieurs, sujet développé dans notre article sur le tableau électrique.

Le tracé de la tranchée mérite le même soin qu’un alignement de clôture de jardin : repérage des réseaux existants, cordeau tendu, distances aux limites séparatives vérifiées avant le premier coup de pelle.

Tamis d’un collecteur filtrant retiré et rincé au-dessus d’un seau, feuilles mortes accumulées

Entretenir l’installation et passer l’hiver

Un récupérateur négligé se transforme en réservoir d’eau croupie en deux saisons. L’entretien courant se réduit pourtant à peu de gestes.

Le tamis du collecteur se rince deux à trois fois par an, davantage sous les arbres, en particulier à la chute des feuilles. Le fond de la cuve accumule des sédiments fins qui justifient une vidange et un rinçage annuels, idéalement en fin d’hiver, avant la reprise de l’arrosage.

L’hivernage conditionne la durée de vie du réservoir. Une cuve aérienne pleine qui gèle voit la glace exercer une pression capable de fissurer la paroi, et le robinet reste le point le plus vulnérable. Avant les premières gelées :

  • vidangez la cuve ou laissez un tiers du volume au maximum ;
  • ouvrez le robinet de puisage et laissez le en position ouverte ;
  • déconnectez le flexible du collecteur, ou basculez le collecteur en position hivernale sur les modèles qui la proposent, pour que l’eau reparte dans la descente.

Les cuves enterrées échappent au problème dès que le corps du réservoir se situe sous la profondeur hors gel locale, mais les canalisations aériennes et la pompe restent à protéger.

Le calendrier de ces vérifications se cale naturellement sur celui des autres travaux extérieurs, décrits saison par saison dans notre guide d’entretien du gazon.

Prochaine étape : relevez le diamètre de votre descente de gouttière et la surface au sol du pan de toiture concerné. Ces deux mesures conditionnent l’achat du collecteur et le choix du volume, et se prennent en dix minutes.